Tous les enfants ne sont pas égaux face à l’apprentissage du sommeil. En fait, malgré les idées reçues, un bébé n’est pas programmé pour « faire ses nuits » dès le retour de la maternité, bien au contraire. La plupart des nourrissons se réveillent souvent, principalement pour boire, mais pas seulement : leurs cycles de sommeil ne sont pas encore stables et ne s’adaptent généralement pas systématiquement aux habitudes de repos des parents. Mais notre société est faite telle que l’on se retrouve vite obnubilés par une course contre la montre et… contre nature : vite, vite ! Maman recommence à travailler bientôt, papa est à cran, il « faut » que bébé dorme bien, longtemps et aux heures requises. Et puis d’ailleurs, la fille d’untel ou le fils de machin, eux, ils font déjà leurs nuits (ou plutôt devrait-on dire la nuit des parents), alors c’est quoi le souci avec notre mini à nous ? On cherche des solutions rapides. Pour certains, ça fonctionne mais pour d’autres c’est le début d’une longue frustration, d’une fatigue intense et d’un petit calvaire quotidien quand l’endormissement de bébé devient une bataille psychologique éreintante.
Malgré cette drôle de comparaison compétitive qui semble exister dans l’univers mystérieux des nouveaux parents, aujourd’hui c’est décidé, je me lance et je le dis haut et fort au nom de tous les parents aux yeux cernés qui ne se souviennent pas de la dernière fois où ils se sont levés reposés… Notre petit amour aura bientôt un an et non, il ne fait toujours pas « nos » nuits, ou en tout cas, pas tous les jours. Bien sûr, il y a de l’amélioration (heureusement !) et notre loulou gagne en sérénité face au sommeil semaine après semaine. Ces petits succès évoluent au fil de la maturation de notre enfant pour qui l’endormissement n’a jamais été facile. Nous sommes vannés, c’est clair. Mais nous sommes fiers. Nous ne nous sommes reconnus entièrement dans aucune des techniques proposées pour que bébé dorme et nous n’avons écouté que notre cœur. Certes, nous nous en sommes parfois inspirés. Mais nous les avons arrangées à notre sauce et nous n’avons rien fait qui aille contre nos instincts. Loin de moi l’idée de jeter la pierre aux parents pour qui certaines techniques ont fonctionné. Au contraire : je suis persuadée qu’une technique fonctionne à partir du moment où elle convient d’abord et avant tout aux parents. Si on est en paix avec nos choix et nos prises de position par rapport à l’attitude à adopter face au sommeil de nos enfants, les progrès ne tardent pas à se faire sentir. Plus ou moins vite, selon les capacités d’apprentissage et la maturité de l’enfant, propre à chacun (je ne le répéterai jamais assez). Je laisse un flou volontaire autour des techniques d’apprentissage à l’endormissement que j’évoque : c’est – je pense – un débat qui n’en est pas vraiment un. C'est un choix personnel. Personne ne peut (ou ne devrait pouvoir) vous dire comment gérer des situations de sommeil difficile avec votre enfant, ce que vous devez ou ne devez pas faire. Vous êtes les parents et cela fait de vous les spécialistes ultimes en la matière, n’en déplaise à ceux qui pensent que vous avez tout faux. Il s’agit de votre enfant, pas du leur, et vous le connaissez mieux que personne alors halte à la culpabilité inutile : vous faites du mieux que vous pouvez. Ce qui fonctionne pour vous, ne fonctionnera pas forcément pour une autre cellule familiale et vice-versa.
Je parle de ça aujourd’hui, car je rencontre de plus en plus souvent des parents qui « osent » dire qu’ils sont crevés. Que leur enfant refuse toujours de s’endormir seul à 2 ans. Qu’il se réveille encore régulièrement plusieurs fois par nuit en pleurant. Ou qu’à l’âge de trois ans, il se réveille en plein milieu de la nuit, sans raison apparente et en vous réclamant – alors que jusque-là, il avait toujours bien dormi. Je jette une bouée de sauvetage à la maman que j’ai rencontré dans la queue d’un supermarché il y a quelques semaines, et me confiant que sa petite de deux ans n’avait encore jamais fait une nuit complète, me regarde d’un air fragile et me dit « c’est dur, hein ? »… Ou à une connaissance un peu désemparée face aux soudaines terreurs nocturnes de son enfant. Oui, c’est dur. Et c’est d’autant plus dur, qu’on voudrait nous faire croire qu’il s’agit d’un échec, d’une faille dans notre parentalité, d’une mauvaise habitude que l’on a donnée à notre enfant. Oui mais voilà, l’aviez-vous remarqué ? Ceux qui tiennent ces propos (la plupart du temps bien intentionnés) n’ont jamais eu à gérer un enfant au sommeil fragile et ils sont très certainement persuadés qu’ils feraient mieux à notre place. Oui mais voilà, à notre place, ils n’y sont pas et ce qu’ils nous proposent – on le sait, croyez-nous, on le sait – cela ne fonctionne pas. Alors que faire ? Voici les conclusions auxquelles nous sommes arrivés à la maison… Puisez-y ce qui est bon pour vous, laissez le reste de côté, mais surtout et avant tout par pitié gardez en tête : quelle que soit la manière dont vous choisissez de gérer la situation, pour votre enfant, vous êtes les meilleurs parents du monde :)
Comme mentionné plus haut – et c’est un fait scientifique – le sommeil n’est pas inné : il est le fruit d’un apprentissage. Tout comme marcher, parler, lacer ses chaussures ou rouler sur deux roues, un enfant n’est pas l’autre. Et si vous creusez un peu, vous vous rendrez vite compte que toute famille rencontre des soucis « nocturnes » avec leur(s) enfant(s) à un moment ou à un autre. Alors dédramatisez : non, vous n’êtes pas les seuls à vivre cette situation.
… et nous avons le droit de le dire. Ou de décliner une invitation en soirée parce qu’après une semaine de travail et des nuits morcelées, on a autant d’énergie qu’un chewing-gum déjà mâché. Ou de faire la sieste le weekend avec bébé parce que, sans blague, sans ça, on ne tiendra pas la semaine.
… même si sur le coup, il nous semble que cela ne s’arrêtera jamais, que l’on ne dormira plus jamais 8 heures d’affilée et qu’on sera vieux avant l’âge. Même si un enfant (dans des situations de stress ou de changement par exemple) peut avoir des rechutes décourageantes au moment où on s’y attend le moins, on voit rarement un adolescent de 14 ans qui réveille ses parents la nuit en pleurant parce qu’il veut les rejoindre dans leur lit.
Si pour vous, c’est accepter que mini vienne se glisser contre vous en plein milieu de la nuit ou si c’est endormir bébé dans les bras, parce que seul dans son lit ce n’est vraiment pas possible, ou si c’est chanter « Le Lion est mort ce soir » en dansant à cloche pied à la lumière de la veilleuse… tout va ! Tant que cela finit par fonctionner, tant que l’on voit une lueur d’apaisement et de progression, tant que bébé dort et donc par conséquent tant qu’on peut dormir aussi… Go go go !
Nous écartons régulièrement toute possibilité que bébé pourrait ne pas être bien (on dort forcément moins bien avec une otite, un lange sale, des dents qui transpercent la gencive, ou des tensions musculaires). Il va régulièrement chez l’ostéopathe, nous pratiquons un petit rituel du soir pour l’apaiser, massons ses petits pieds avec des mélanges d’aromathérapie adaptés… Nous essayons tout, nous gardons ce qui aide et nous jetons ce qui n’aide pas. Nous nous serrons les coudes en équipe : papa, maman, même combat ! Nous nous réjouissons à chaque fois qu’une nuit se passe bien et nous n’avons aucun doute qu’avec notre aide et tout notre amour, notre loulou finira par dormir du sommeil du juste.
… parfois trop, c’est trop et on craque. On se mange le nez en plein milieu de la nuit ou on se voit contraint de laisser bébé pleurer seul pendant un moment dans son lit, parce qu’il faut que nous reprenions notre calme et notre raison. Ou on pleure de fatigue dès que le réveil sonne et qu’il faut sortir nos corps endoloris hors du lit à 6h du matin. Mais on en parle, on le dit, on le partage, on se soutient. Et le plus surprenant : c’est justement quand on se dit qu’on en peut vraiment plus que bébé se décide souvent à nous faire quelques nuits superbes et tranquilles…
En voici quelques-uns :
Le mot d’ordre donc ? Courage ! Ne lâchez rien ! Tout va bien ! L’attitude de votre enfant est normale et courante. Et les choses finissent toujours par évoluer dans le bon sens :)
Sur ce, il est temps que j’aille moi aussi me reposer…
Je vous souhaite un excellent dimanche.
Amicalement,
Ludivine
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